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Claire et Camille, ados, raccontent leur lutte contre le cancer.

Depuis ce mardi (et jusqu’à dimanche), une exposition est visible à la galerie du Châtelet (située à l’angle des rues du Châtelet et du Pont), à Chalon-sur-Saône. Elle est initiée – dans le cadre du mois de lutte contre les cancers pédiatriques – par l’association Le Rêve de Marie Dream dans laquelle deux jeunes femmes concentrent toutes les attentions. Il s’agit de Claire Moene (22 ans) et Camille Bajard (15 ans). Elles ont un point commun : la lutte contre un cancer. Pour les besoins de cette exposition, elles ont accepté de se livrer au bodypainting pour raconter un moment douloureux de leur vie d’ados malades. Et pour Le Journal de Saône-et-Loire , elles ont bien voulu revenir sur leur tortueux parcours.
« Je vais choquer, mais c’est le meilleur truc qui me soit arrivé »
 
Coiffeuse sur Lyon, Claire Moene, 22 ans, est désormais une jeune femme et elle est sans doute la plus heureuse sur Terre en ce moment. Entre deux clients, celle qui est originaire de la Drôme prend le temps de raconter. Et de savourer : « Depuis un mois, je fais la bringue. Je suis totalement libérée. C’est aussi une sensation bizarre, car j’ai beaucoup repensé au chemin parcouru. »
Le 26 août, l’extraordinaire nouvelle tombait : son médecin lui apprenait qu’elle s’était définitivement débarrassée de son cancer, décelé il y a cinq ans. Plus de 1 600 jours de peur, de doute et de souffrance désormais envolés sur lesquels elle est revenue avec courage.
« Je pensais que c’était un gros coup de fatigue »
Tout commence en juillet 2015. Claire, 17 ans à l’époque, sort d’un examen scolaire, harassée. « Je me suis dit que c’était un gros coup de fatigue dû au stress des examens. Mais d’autres symptômes ont interpellé comme la perte d’appétit et des bleus étranges sur les jambes. Mon médecin a voulu que je fasse des analyses de sang… » Et le couperet est tombé, plus tard : une leucémie lymphoblastique. « Mon médecin traitant a débarqué à la maison, il m’a dit que nous étions attendus, mes parents et moi, à Lyon, sans trop rien me dire de plus. Mais je n’aurais jamais pensé à cela. 17 ans, ce n’est pas un âge auquel on a un cancer. J’avais une chance sur deux d’y rester. » Claire ne se laisse pas abattre, bien au contraire : « Je n’ai eu aucune baisse de moral, à part quand on m’a dit que je n’avais plus droit d’être en contact avec mes animaux. En quelques jours, on laisse notre vie de côté et on se concentre là-dessus. »
Devenir conseillère beauté dans les hôpitaux
Malgré la lourdeur des soins, la jeune femme a continué ses études : « Je n’avais plus le droit de faire de coiffure, ni d’aller à l’école. mais je faisais cours à domicile et à l’hôpital. On fait avec. Je n’avais pas le choix. Ça m’a permis de bien m’occuper. » Au final, dans cette épreuve, Claire a toujours su garder le moral. Elle n’y a retenu que du positif : « Je vais gravement choquer l’opinion, mais c’est le meilleur truc qui me soit arrivé. Cela a changé la vision que je me faisais de notre existence. J’ai grandi, je suis très positive sur la vie. Et je veux aider les gens avec cette deuxième chance. » Elle a d’ailleurs pour objectif d’épauler les souffrants en liant son projet professionnel avec son vécu dans la maladie : « Je veux aller travailler dans les services cancérologies des hôpitaux pour être conseillère beauté, accompagner les patients dès la chute de leurs cheveux jusqu’à la première repousse, de A à Z »
Geoffrey FLEURY
« Je n’ai pas compris le mot “lymphome”, mais “cancer” oui »
 
Camille Bajard, 15 ans depuis mai dernier, détient une force mentale impressionnante. Sa maturité l’est tout autant. Il faut tout cela pour affronter ce que l’adolescente de La Chapelle-de-Guinchay combat depuis 18 mois : un lymphome de Hodgkin. « J’ai fait pas mal de bronchites et ça ne passait pas. Après des examens, j’ai su, le 7 mars 2019 vers 23 h, que j’étais gravement malade. La pédiatre parlait de « lymphome ». Je n’ai pas compris le mot. Par contre quand j’ai entendu “cancer”…»
Le début de l’enfer pour la jeune fille, alors qu’elle n’a pas encore 14 ans. Le lendemain, elle doit être héliportée à l’hôpital Femme Mère Enfant de Bron (Rhône). Une tumeur, logée dans la région des poumons, doit être réduite en urgence. Camille enchaîne ensuite deux biopsies, puis un parcours du combattant : « Cinq jours sur sept, nous étions à l’hôpital pour ses séances de chimiothérapie. Mais chaque soir, nous rentrions à la maison. Les médecins disaient qu’il était important que Camille soit au contact de la sphère familiale. Mais ça l’épuisait », se rappelle sa maman.
En rémission depuis un an
Camille doit mettre entre parenthèses sa vie d’adolescente : les cours se font à la maison grâce à quelques-uns de ses professeurs et le basket, qu’elle pratique, est mis de côté. En revanche, les soutiens sont là : « Toute la famille a été à mes côtés, ainsi que mes amis du collège. Quand j’ai perdu mes cheveux, mes copines portaient des bandanas. Lors du d’un cross du collège, ceux de ma classe ont revêtu un t-shirt avec une inscription “Camille 09” (son chiffre porte-bonheur). Un entourage – mêlé au travail – qui lui a permis d’obtenir son brevet des collèges, mention Bien. En rémission depuis le 5 septembre 2019, elle a repris le basket et est rentrée au lycée Lamartine de Mâcon. Elle aspire à une carrière dans le marketing… ou dans les laboratoires. Sans doute pour aider la recherche contre les cancers pédiatriques.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Mon rêve c'est que chaque enfant,
chaque adolescent puisse guérir car leur désir, c'est de grandir et de sourire à l'à-venir.
Le Rêve de Marie Dream est une association loi 1901 déclarée sous le numéro : W712005243 - GAROPIN Didier, 11 rue des lauriers, 71640 GIVRY
Quomodo est heureux de soutenir le Rêve de Marie Dream.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
« Je vais choquer, mais c’est le meilleur truc qui me soit arrivé »
 
Coiffeuse sur Lyon, Claire Moene, 22 ans, est désormais une jeune femme et elle est sans doute la plus heureuse sur Terre en ce moment. Entre deux clients, celle qui est originaire de la Drôme prend le temps de raconter. Et de savourer : « Depuis un mois, je fais la bringue. Je suis totalement libérée. C’est aussi une sensation bizarre, car j’ai beaucoup repensé au chemin parcouru. »
Le 26 août, l’extraordinaire nouvelle tombait : son médecin lui apprenait qu’elle s’était définitivement débarrassée de son cancer, décelé il y a cinq ans. Plus de 1 600 jours de peur, de doute et de souffrance désormais envolés sur lesquels elle est revenue avec courage.
« Je pensais que c’était un gros coup de fatigue »
Tout commence en juillet 2015. Claire, 17 ans à l’époque, sort d’un examen scolaire, harassée. « Je me suis dit que c’était un gros coup de fatigue dû au stress des examens. Mais d’autres symptômes ont interpellé comme la perte d’appétit et des bleus étranges sur les jambes. Mon médecin a voulu que je fasse des analyses de sang… » Et le couperet est tombé, plus tard : une leucémie lymphoblastique. « Mon médecin traitant a débarqué à la maison, il m’a dit que nous étions attendus, mes parents et moi, à Lyon, sans trop rien me dire de plus. Mais je n’aurais jamais pensé à cela. 17 ans, ce n’est pas un âge auquel on a un cancer. J’avais une chance sur deux d’y rester. » Claire ne se laisse pas abattre, bien au contraire : « Je n’ai eu aucune baisse de moral, à part quand on m’a dit que je n’avais plus droit d’être en contact avec mes animaux. En quelques jours, on laisse notre vie de côté et on se concentre là-dessus. »
Devenir conseillère beauté dans les hôpitaux
Malgré la lourdeur des soins, la jeune femme a continué ses études : « Je n’avais plus le droit de faire de coiffure, ni d’aller à l’école. mais je faisais cours à domicile et à l’hôpital. On fait avec. Je n’avais pas le choix. Ça m’a permis de bien m’occuper. » Au final, dans cette épreuve, Claire a toujours su garder le moral. Elle n’y a retenu que du positif : « Je vais gravement choquer l’opinion, mais c’est le meilleur truc qui me soit arrivé. Cela a changé la vision que je me faisais de notre existence. J’ai grandi, je suis très positive sur la vie. Et je veux aider les gens avec cette deuxième chance. » Elle a d’ailleurs pour objectif d’épauler les souffrants en liant son projet professionnel avec son vécu dans la maladie : « Je veux aller travailler dans les services cancérologies des hôpitaux pour être conseillère beauté, accompagner les patients dès la chute de leurs cheveux jusqu’à la première repousse, de A à Z »
Geoffrey FLEURY